Les 100 règles d’or du doctorat

Pendant le doctorat, tu peux avoir l’impression de te sentir perdu vis-à-vis de l’ensemble des demandes reçues aussi bien de tes encadrants, de l’université mais aussi de toutes ces choses que tu as envie de faire.

Pour t’aider dans ce chemin, je te propose cette semaine une liste des 100 règles d’or du doctorat. Ces règles, traduites de l’article de Niamh Brennan, t’aideront alors à identifier les points importants du doctorat et pourront te servir de guide pour le reste de ton doctorat !  J’aimerais aussi remercier ici Amandine D. pour son aide très précieux dans ce travail de traduction !

Petit disclaimer : Cet article, étant une traduction du papier de Niamh Brennan, peut contenir des éléments qui peuvent paraître un peu bizarre (cf les quilles de la No 6 ou la référence au jeu serpent et échelle). Je pense donc qu’il faut prendre cette liste comme un éventail de conseils dans lesquels tu peux piocher ceux qui font du sens pour toi ! Bonne lecture !

DANS L’ENSEMBLE

Nº 1 : Profite de tes études doctorales – Il est difficile d’être bon et efficace dans quelque chose que tu n’aimes pas. Si tu aimes ce que tu fais, tu as plus de chances de devenir un bon chercheur.

Nº 2 : Ouvre ton esprit – Ne sois pas sur la défensive quand tu es soumis à la critique. Ouvre-toi à de nouvelles idées et façons de voir. Apprends de la critique.

Nº 3 : Développe ton esprit critique – Les « bons » universitaires ne prennent rien au pied de la lettre. La pensée critique est fondamentale dans le monde académique, par exemple en évaluant de façon critique les recherches antérieures pour aborder les problèmes différemment ; lire de façon critique le travail d’autrui dans le cadre du processus d’examen de revues et fournir une rétroaction constructive. Apprends toujours à prendre une position critique pendant tes études doctorales. Comme un critique de cinéma, apprends à critiquer, à identifier ce qui est bon ou mauvais et à justifier ta prise de position.

Nº 4 : Aie confiance – Des milliers de personnes avant toi ont fait leurs études doctorales. Bien que cela soit quelque peu intimidant, aie confiance en tes capacités à compléter ta thèse. Se référer à la règle nº 34 « Reste réaliste sur tes efforts à fournir ».

Nº 5 : Sois déterminé, fort et constant – Essaie d’acquérir les compétences nécessaires en termes de détermination, de ténacité et de persistance. Ces caractéristiques te seront bien plus utiles pour terminer tes études qu’un QI élevé.

Nº 6 : Sois résilient – Sois comme une quille de bowling. Peu importe combien de fois tu tombes, relève-toi.

Nº 7 : Gère les hauts et les bas – Le parcours doctoral est une vraie montagne russe ! Tu vas vivre des moments forts et très probablement des moments un peu plus difficiles. Il s’agit d’une caractéristique normale de l’expérience doctorale. Les hauts et les bas des études doctorales sont comme le jeu « Serpents et échelles » évoqué dans la règle nº 96. La règle nº 5 est aussi pertinente dans ce contexte.

Nº 8 : Reste concentré – Mets-toi des œillères. Ne laisse pas d’autres choses te distraire de tes études. Se référer à la règle nº 19 « Comprends l’importance de finir ».

Nº 9 : Sois discipliné – Initie, planifie, exécute, contrôle et complète tes recherches et ta thèse afin de t’aligner aux standards requis pour terminer ta thèse doctorale à temps.

Nº 10 : Sois méthodique – Une thèse doctorale est un grand projet qui se planifie à long terme. Sois méthodique, garde précieusement toutes tes notes de lecture et de recherche, etc.

Nº 11 : Comprends ta philosophie – Un PhD (Philosophae Doctor) est un doctorat en philosophie. Comprends ta position « philosophique » en termes de : qu’est-ce que la recherche ? Quel est le but d’une recherche ? Quelle est la nature du savoir ? Comment accéder à la connaissance ?

Nº 12 : Ne prends pas trop de charges de cours ou de correction – Cela peut être aidant d’avoir de l’expérience en enseignement sur ton CV afin d’obtenir un travail après tes études. Mais, souviens-toi que tout le temps que tu as passé à enseigner n’a pas été utilisé pour ta recherche. Se référer à la règle nº 8 « Reste concentré » et nº 19 « Comprend l’importance de finir ».

Nº 13 : Demande de l’aide – Trouve une opportunité d’obtenir de l’aide de tes collègues ou de chercheurs pour compléter tes recherches. Si tu es face à une difficulté (retard dans les recherches, problème de santé, etc.), ne la dissimule pas. Parles-en à ton superviseur de recherche. Il n’y a pas de honte à en parler et à demander de l’aide. C’est en se taisant que le problème prendra plus de proportions.

Nº 14 : Apprends la littérature – Familiarise-toi avec les revues spécifiques à ton domaine d’études. Assure-toi que les articles que tu lis dans des revues moins prestigieuses sont bons.

Nº 15 : Prends la responsabilité de ta recherche – Les doctorants sont responsables de leurs recherches, pas leur superviseur.

Nº 16 : Parle à d’autres doctorants de ton université – Parle à des doctorants plus avancés dans leur parcours doctoral. Ils savent comment cela fonctionne et pourront t’aiguiller.

Nº 17 : Trouve-toi un ami de recherche – Le parcours doctoral est assez solitaire. Te faire un ami dans ton domaine de recherche pourrait rendre ton expérience plus agréable. Vous pourrez vous soutenir dans les moments difficiles. (cf mon article sur la solitude)

Nº 18 : Apprends des autres – Tu n’as pas à réinventer la roue. Plusieurs personnes ont conduit des revues littéraires, complété des recherches, rédigé leurs résultats, etc. Regarde et apprends des experts de ton domaine. 

Nº 19 : Apprends l’importance de finir – La chose la plus importante dans les études doctorales, c’est, bien évidemment, de les finir. Concentre-toi à terminer ton doctorat. Ne te laisse pas prendre un mur.

TROUVER UN SUPERVISEUR DE RECHERCHE

Nº 20 : Inscris-toi dans une université qui offre un bon soutien pour les doctorants – Les universités avec des programmes de doctorat formels, qui exigent que les étudiants respectent certaines étapes (confirmations, évaluations, etc.) et qui offrent un espace et d’autres soutiens pour les doctorants, t’aideront à passer à travers tes études. Se référer à la règle nº 22 « Choisis un superviseur actif dans la recherche », à la règle nº 23 « Choisis un superviseur qui partage tes intérêts de recherche » et à la nº 24 « Choisis un superviseur avec qui tu t’entends bien ».

Nº 21 : Inscris-toi dans une université ayant une renommée mondiale dans ton domaine de recherche – Si l’université est réputée dans le domaine que tu as choisi, tu auras accès à plus de soutiens et de conseils de la part d’autres chercheurs dans ton domaine, au-delà de ceux apportés par ton superviseur.

Nº 22 : Choisis un superviseur actif dans la recherche – Ton superviseur devrait régulièrement être publié dans des revues réputées à l’international. Si ton superviseur ne publie pas dans les meilleures revues académiques de son domaine, tu as peu de chances de pouvoir le faire à ton tour.

Nº 23 : Choisis un superviseur qui partage tes intérêts de recherche – Idéalement, il faudrait que vos idées concordent et que vos intérêts de recherche soient partagés.

Nº 24 : Choisis un superviseur avec qui tu t’entends bien – La relation que tu entretiens avec ton superviseur devra être maintenue sur la durée. La rédaction d’une thèse doctorale dure entre 4 et 6 ans. Il est donc nécessaire que tu t’entendes bien avec ton superviseur.

Nº 25 : Travaille avec ton superviseur avant de lui demander de te superviser – Je ne prends d’étudiants au doctorat que si j’ai déjà travaillé avec eux depuis plusieurs mois. C’est un grand engagement pour les deux parties. Se référer à la règle nº 24.

Nº 26 : Maintiens une bonne relation avec ton superviseur – Ta relation avec ton superviseur s’étendra au-delà de la durée de tes études doctorales. Par exemple, ton superviseur pourra te faire des lettres de recommandation dans les années qui suivent ton doctorat. Essaie de maintenir une bonne relation avec lui tout au long de tes études. (cf mon article sur la relation étudiant-encadrant)

Nº 27 : Vérifie si ton superviseur va rester à l’université durant toute la durée de tes études – Cela pourra être compliqué si ton superviseur quitte l’université ou prend sa retraite pendant tes études et que tu dois en trouver un nouveau qui ne sera pas aussi proche de tes recherches.

Nº 28 : Renseigne-toi sur ton superviseur – Trouve des anciens doctorants du superviseur avec qui tu souhaites travailler. Renseigne-toi sur ses points forts et ses points faibles.

Nº 29 : Comprends le rôle d’un superviseur – Son rôle est principalement de te guider, de te conseiller et de s’assurer que tu prennes le bon chemin. Ton superviseur n’est pas responsable de tes recherches. Voir la règle nº 15 « Prend la responsabilité de ta recherche ».

TROUVER SA QUESTION DE RECHERCHE

Nº 30 : Trouve un sujet ou une question de recherche qui t’intéresse – Une thèse doctorale prend entre 4 à 6 ans et même plus si ta thèse est sous forme d’articles à publier. L’intérêt pour ta recherche doit se maintenir dans le temps. Un sujet choisi par l’étudiant avec le soutien de son superviseur sera toujours mieux que le contraire. (cf mon article sur le choix du sujet de thèse)

Nº 31 : Évite les sujets trop actuels – Comme une thèse prend plusieurs années, choisis un sujet qui sera toujours intéressant quand tu la publieras et même des années. Les universitaires ne sont pas des journalistes. Leur travail doit rester pertinent sur le long-terme.

Nº 32 : Trouve un sujet ou une question de recherche qui contribue à la littérature – Pour que ta recherche (par exemple ta thèse doctorale) soit publiée dans une revue réputée dans ton domaine, ta contribution à la littérature est importante. Cochrane (2005) conseille sur la façon de rédiger la contribution. Les questions à considérer pour arriver à une contribution comprennent : quels aspects de la recherche antérieure l’étude actuelle étend-elle ou révise-t-elle ? Qu’est-ce qui est unique dans ton argument / contribution ? À quoi cet aspect unique ajoute-t-il de la valeur ? Quelles sont les croyances courantes sur ton sujet ? Quelles sont les questions / anomalies / doutes dans la littérature sur le sujet ? Quelles sont les explications actuelles sur les questions / anomalies / doutes ? En quoi les connaissances sur ce sujet sont-elles sous-développées ?

Nº 33 : Mets trois briques sur le mur de la connaissance – Une thèse doctorale devrait être capable de générer trois articles. Faire trois contributions à la littérature devrait ajouter les « trois briques sur le mur de la connaissance ».

Nº 34 : Reste réaliste sur les efforts à fournir – On n’attend pas de toi que tu produises une thèse doctorale équivalente à la théorie d’Einstein ou, comme Mullins et Kiley (2002) le soulèvent, pour obtenir un prix Nobel. Une thèse est un projet assez vaste qui générera près de trois contributions dans ton domaine.

Nº 35 : Choisis un sujet dans lequel tu pourras enseigner – Dans quelle catégorie es-tu le plus susceptible d’enseigner ? Peux-tu trouver un sujet intéressant dans cette catégorie ?

Nº 36 : Écris une proposition de sujet de thèse – Plusieurs universités demandent aux étudiants de préparer une proposition de sujet de thèse à l’avance pour l’inclure dans la demande d’admission. La règle nº 43 « Renvoie la balle à ton superviseur » est pertinente ici. Cet exercice permet de trouver un bon sujet et de comprendre la littérature qui lui est associée.

Nº 37 : Écris dix propositions de sujet de thèse – Cet exercice permet de trouver le meilleur sujet, celui qui te convient le plus et de mieux comprendre la littérature.

Nº 38 : Fais le résumé de dix articles – Je demande à mes étudiants de faire le résumé de dix articles dans le sujet d’étude qu’ils ont choisi. C’est un bon exercice pour vérifier si les étudiants sont de bons candidats au doctorat. Cela permet aussi de révéler leur capacité de synthétisation et de rédaction.

Nº 39 : Ne t’éparpille pas – L’étape de « recherche du sujet » comporte un grand risque de t’éparpiller, ce qui est contreproductif. Plus vite tu mettras le doigt sur le sujet que tu souhaites traiter et le mieux ce sera. Identifie les catégories et sous-catégories que tu souhaites traiter, jusqu’à ce que tu trouves ton sujet. Sois précis.

TRAVAILLER AVEC TON SUPERVISEUR

Nº 40 : Rencontre régulièrement ton superviseur – C’est la responsabilité de l’étudiant de demander régulièrement des rencontres avec son superviseur. Une fois par mois ou aux deux mois est suffisant. Planifie et prépare ta rencontre à l’avance, afin que chaque rencontre soit productive.

Nº 41 : Informe ton superviseur de l’avancée de tes recherches de façon régulière (à l’écrit ou à l’oral) – Envoie à ton superviseur tes écrits à l’avance, afin que vous puissiez en discuter pendant vos rencontres.

Nº 42 : Prends des notes des conseils de ton superviseur – Lorsque tu le rencontres, prends des notes de ses conseils. Tu pourras revenir dessus par la suite, lorsque tu en auras besoin.

Nº 43 : Renvoie la balle à ton superviseur : Fais (presque) tout ce que te suggère de faire ton superviseur. Dès qu’il met la balle dans ton camp, renvoie-lui rapidement.

Nº 44 : Écoute et réponds aux conseils de ton superviseur – Est-ce que tu entends ou est-ce que tu écoutes ?  Écoute avec attention ses conseils. Sois sûr de bien les comprendre et mets-les en pratique.

MENER LA RECHERCHE

Nº 45 : Fais-toi un plan pour terminer ta thèse – Les universités imposent parfois des délais assez serrés pour compléter sa thèse. Organise-toi. Prépare un plan pour respecter chaque échéance.

Nº 46 : Assure-toi que ton plan soit réaliste et réalisable – Inclus chaque détail de ton cheminement dans ton plan, et réorganise-le au fur et à mesure. Pense, par exemple, au temps nécessaire à ton superviseur pour te corriger un chapitre ou encore le temps que prendra ta mise en page, etc.

Nº 47 : Respecte tes propres délais – Essaie de ne pas prendre de retard sur ton propre plan. Si tu en as, essaie de vite le rattraper. 

Nº 48 : Identifie les moments clés dans ton plan – Les universités mettent en place plusieurs étapes pour aider les étudiants à terminer leur thèse (évaluations, ateliers de recherches, etc.). Assure-toi de bien prendre en compte ces différentes étapes dans ton plan et le temps nécessaire pour les préparer et les compléter.

Nº 49 : Complète tous tes cours le plus rapidement possible – La plupart des universités requièrent que les étudiants au doctorat suivent des cours. Plus vite tu les complètes, plus tôt tu pourras te concentrer sur ta thèse. En ayant complété tous tes cours, tu comprendras mieux ce que l’on attend de toi pour ta thèse.

Nº 50 : Deviens un expert mondial dans ta théorie – Quelles théories as-tu considérées ? Lesquelles souhaites-tu utiliser et pourquoi ? Et lesquelles ne souhaites-tu pas utiliser, pourquoi ? N’utilise pas plusieurs théories dans ta recherche. Bien qu’elles puissent parfois travailler de concert, il est important de garder ton fil.

Nº 51 : Deviens un expert mondial dans ta méthode de recherche – Assure-toi de connaitre en profondeur ta méthodologie. Quelles autres méthodes aurais-tu pu choisir ?  Peux-tu justifier pourquoi tu n’as pas adopté une autre méthode ? Quels sont les débats ou les controverses des autres méthodes dans la littérature ? Comment ta recherche se positionne -t-elle par rapport à ces débats/controverses ?

Nº 52 : Familiarise-toi avec les règles de ton université en termes de recherche – Dois-tu obtenir un certificat d’éthique avant d’entamer tes recherches ? Assure-toi de t’être occupé de tous les papiers et documents nécessaires dès le début de tes recherches, afin de ne pas perdre de temps.

Nº 53 : Trouve des opportunités pour présenter ton travail – Sois proactif et crée des opportunités pour présenter ton travail. Le simple fait de présenter ta recherche te donne une expérience d’apprentissage. Préparer ta présentation t’aidera à avoir les idées plus claires par rapport à ton travail. Une fois ta présentation commencée, tu verras que quelques idées nouvelles vont émerger dans ta tête : « comment puis-je savoir ce que je pense jusqu’à ce que je n’entende ce que j’ai à dire ? ».

Nº 54 : Trouve des opportunités d’avoir des retours sur tes recherches – La majorité des retours que tu auras sur tes recherches proviendra bien sûr de ton superviseur. D’autres chercheurs, doctorants ou spécialistes de ton domaine que tu auras rencontré lors de séminaires ou de conférences pourront aussi t’en donner.

Nº 55 :  Participe à des colloques doctoraux et à des ateliers – Y participer te donnera des opportunités de présenter ton travail, d’avoir des retours dessus, de rencontrer d’autres universitaires ou doctorants de ton domaine.

Nº 56 : Participe à des séminaires de ton département – Ouvre-toi et apprends des autres. Les séminaires de ton département et les universitaires invités te donneront de bonnes opportunités d’en apprendre plus et de t’ouvrir à d’autres idées, même si leur sujet n’est pas le tien. Prends des notes de ce que tu as appris lors de ces séminaires. Se référer à la règle nº 18 « Apprend des autres ».

ÉCRIRE UNE THÈSE

Nº 57 : Débute l’écriture de ta thèse dès le premier jour de ton doctorat – Écrire requière une certaine discipline et doit devenir une habitude, et ce, dès le début de tes études. Plus tu écris, mieux tu écris.

Nº 58 : Apprends à écrire – Familiarise-toi avec la structure des paragraphes, les types de phrases, la syntaxe, les pronoms, la ponctuation, etc.

Nº 59 : Apprends à argumenter – Apprends à reconnaître les mauvaises formes d’argumentation et les erreurs de logique.

Nº 60 : Décide quel type de thèse tu veux faire – Quelques universités autorisent leurs étudiants à faire une rédaction magnum opus vs sous forme d’articles. Tu n’as pas à choisir dès le début. Néanmoins, plus vite tu te décideras sur la forme que prendra ta thèse, mieux ce sera.

Nº 61 : Assure-toi de bien comprendre les règlements de ton université pour les thèses – Les universités ont plusieurs règlements à ce sujet. Assure-toi de bien les comprendre dès le début. La longueur de ta thèse ne doit pas être ton objectif. Garde ta thèse la plus courte possible, mais assez longue pour couvrir tout ton sujet. Renseigne-toi si ton université requiert que tu signes une déclaration que ta thèse est bien ton travail.

Nº 62 : Commence ta thèse avec une table des matières – Compléter sa thèse a de nombreux points communs avec faire un puzzle. Pour terminer un puzzle, la première chose que l’on fait est de choisir une pièce avec un bord, afin de former le cadre. La table des matières est l’équivalent du puzzle pour une thèse. Elle est un plan de route, du début à la fin de ta thèse.

Nº 63 : Regarde le modèle de la table des matières de Brennan (1998) pour commencer – Ce modèle te permettra de commencer ta thèse. Le squelette général de ta table des matières se rattache à tes questions de recherches.

Nº 64 : Réfléchis à la structure de ta thèse/ table des matières régulièrement – Une structure claire de ta thèse est importante pour sa clarté. Continue de la travailler, de l’affiner et de la structurer tout au long de ton projet.

Nº 65 : Prépare un résumé de ta thèse – Dans ce résumé se trouve tout le fil de ta réflexion, afin que tu ne t’éparpilles pas.

Nº 66 : Garde toujours des sauvegardes de ta thèse – Il y a plein d’histoires de doctorants qui perdent leur travail, car ils ont oublié de le sauvegarder. Fais bien attention à ne pas faire partie de ces malheureux étudiants.

Nº 67 : Lis un peu, écris un peu, lis un peu – Quand tu es en train de lire la littérature, résume-là et inclus-là dans ta thèse au fur et à mesure. Se référer à la règle nº 69 « Écrit (presque) tous les jours ».

Nº 68 : Lis d’autres thèses – Les thèses ont un style, un format et une structure qui leur sont propres. Assure-toi de bien comprendre ce à quoi ta thèse doit ressembler en regardant ce que les autres doctorants ont écrit. Trouve de bonnes thèses et évite celles qui sont mauvaises.

Nº 69 : Écris (presque) tous les jours – Une thèse fait à peu près 200-300 pages de long.  Si tu écris chaque jour, tu arriveras à finir ta thèse à temps. Écrire requiert aussi une certaine discipline qui permet de clarifier tes idées. Fournir tes écrits à ton superviseur au fur et à mesure va t’aider. Voir règle nº41 « Informe ton superviseur de l’avancée de tes recherches de façon régulière (à l’écrit ou à l’oral) ».

Nº 70 : Choisis un bon titre – Choisis un titre qui soit clair et concis. N’aie pas un titre trop long. Tu n’as pas à expliquer toute ta thèse dans ton titre.

Nº 71 : Assure-toi que tes documents préliminaires soient présentés correctement – Regarde d’autres thèses pour voir comment présenter la tienne (page-titre, remerciements, table des matières, liste des figures et des tableaux, résumés, etc.).

Nº 72 : Écris un bon résumé – Regarde les directives de ton université pour rédiger ton résumé de thèse. C’est l’une des premières informations que ton jury lira dans ta thèse. Demande de l’aide à ton superviseur. Ta contribution à la littérature devrait se trouver dans ton résumé.

Nº 73 : Fournis plusieurs « repères » pour tes lecteurs – Une thèse, c’est long. Donnent aux lecteurs plusieurs titres et sous-titres et même sous sous-titres pour qu’ils puissent se repérer dans ta thèse.

Nº 74 : Aide les lecteurs tout au long de ta thèse – Dans une thèse magnum opus, commence chaque chapitre en leur expliquant ce qu’ils vont lire, et finis-le en leur rappelant ce qu’ils viennent de lire. Souviens-toi que tu connais par cœur toute ta thèse, mais pas ton lecteur. Essaie d’expliquer au maximum ta thèse et ce que tu souhaites démontrer.

Nº 75 : Aide tes lecteurs à travers tes questions de recherche – La plupart des thèses comportent une problématique divisée en plusieurs questions de recherche. Ces questions constituent le squelette de ta thèse (voir la règle nº 63). Tes questions de recherches devraient se refléter dans la partie consacrée à l’étude de la littérature (qui d’autre a fait des recherches sur ces questions ?), la partie consacrée à ta méthodologie de recherche (comment as-tu fait des recherches sur ces questions ?) et la partie consacrée aux résultats de ta recherche/ conclusion (quels ont été tes résultats/conclusions pour tes questions de recherche ?).

Nº 76 : Fais spécialement attention à ton premier et à ton dernier chapitre – Il est connu que les premiers et derniers chapitres sont les plus lus. Le premier pose les bases de ta thèse. S’il n’attire pas l’attention de ton lecteur, cela affectera la compréhension du reste de ta thèse. Le dernier chapitre contient des éléments importants, incluant les limites de ta thèse, tes futures recherches et ton implication dans le domaine. Voir la règle nº 77.

Nº 77 : Ne néglige pas les limites de ta thèse, tes futures recherches et ton implication dans le domaine – Ton dernier chapitre devrait contenir ces trois aspects qui sont importants et requièrent une attention particulière, malgré la fatigue de fin de thèse. Si tu les négliges, cela pourrait t’être reproché par les examinateurs qui pourraient demander une révision de ton manuscrit. Se référer à la règle nº 94 « Attends-toi à ce que l’on te demande de faire des modifications dans ta thèse ».

Nº 78 : Complète un examen de la littérature existante – Les étudiants doivent démontrer une certaine maîtrise et compréhension de la littérature de leur domaine de recherche. Concentre-toi sur les ouvrages, chapitres de livres ou articles reconnus. Relis-les, au cas où tu aies manqué certains détails importants lors de tes premières lectures. Examine les résumés ou reviews écrits par d’autres auteurs sur la littérature de ton domaine, pour voir comment ils font. Cochrane (2005) donne des conseils pour s’exercer à écrire des résumés ou reviews.

Nº 79 : Juge ce qu’il est bon de mettre dans les appendices – La plupart des thèses contiennent le texte principal dans les chapitres et les appendices. Pense à ce que tu dois mettre dans les appendices. Ce que tu y mets apporte plus de précisions que ce qui est dans tes chapitres.

Nº 80 : Écris pour raconter une histoire – Il est plus important de raconter une histoire convaincante. Séquence-la pour rendre ton histoire fascinante, plutôt que de refléter la chronologie de ce que tu as fait.

Nº 81 : Choisis ton système de citations ou de référencement dès le début – Regarde le guide de ton université pour voir quel style de citations ou de références est utilisé dans ton domaine. Applique le style préconisé dès le début de ta recherche pour ne pas t’ajouter du travail en fin de thèse. Évite aussi les citations/références gratuites.

Nº 82 : Copie, modifie et corrige ta thèse – Assure-toi que ta thèse est parfaite (pas de fautes de frappe, pas d’erreurs grammaticales ou orthographiques, etc.). Investis dans un logiciel de correction ou contacte un correcteur. Si la langue dans laquelle tu rédiges n’est pas ta langue maternelle, demande l’aide d’un correcteur. Certains parlent des risques d’erreurs ou de fautes dans une thèse.  Comme une thèse devrait être le travail d’une seule personne (le tien), assure-toi que demander l’aide d’un correcteur soit approuvé par ton université.

EXAMEN ORAL/SOUTENANCE DE THÈSE

Nº 83 : Renseigne-toi sur la soutenance et les règles de ton université en la matière – Quelles sont les options de décision des examinateurs ? Que se passe-t-il après ta soutenance ? Qu’est-ce que l’étudiant a à faire après ? 

Nº 84 : Choisis bien tes examinateurs, en accord avec ton superviseur – L’examinateur de ta thèse est important pour mettre en valeur ton CV. S’il est reconnu dans ton domaine pour ses nombreuses publications de qualité, sa réputation pourra refléter de manière positive la tienne. Quelques universités ne laissent pas le choix des examinateurs à l’étudiant. Se référer à la règle nº 83 « Renseigne-toi sur la soutenance et les règles de ton université en la matière ». 

Nº 85 : Ton examinateur peut t’aider à faire publier ta thèse – Les retours de ton examinateur sur ta thèse peuvent t’aider à l’améliorer avant de l’envoyer à une revue de référence.

Nº 86 : Renseigne-toi sur ce qu’il va se passer le jour de ta soutenance – Qui sera présent ? Est-ce que ton superviseur sera autorisé à y assister ? Où l’examen aura-t-il lieu ? As-tu tout le matériel nécessaire à disposition pour ta présentation ? Qu’auras-tu à présenter ?

Nº 87 : Familiarise-toi avec ton public – Regarde les recherches menées par tes examinateurs, cela t’aidera à cerner le genre de questions qu’ils pourraient te poser.

Nº 88 : Comprends le but de ta soutenance – Les examinateurs voudront savoir si tu as fait tes propres recherches, si tu as écrit ta thèse, si tu la comprends bien, si tu as bien traité tes questions de recherches et si elles sont bien formulées. 

Nº 89 : Anticipe les questions que l’on pourrait te poser durant cet examen – Prépare une liste de questions et de réponses que l’on pourrait te poser durant ta soutenance.

Nº 90 : Fais un examen oral « blanc » pour t’exercer – Demande à tes collègues qui sont dans ta discipline de faire comme s’ils étaient tes examinateurs pour te préparer à ta soutenance.

Nº 91 : Prends en note les questions – Si cela t’est possible, prends des notes des questions ou remarques de tes examinateurs pendant ta soutenance. Cela t’aidera à mieux comprendre leurs questions, comme un aide-mémoire, et à demander des clarifications si nécessaire. Si ton superviseur est autorisé à être présent lors de ta soutenance, il pourra aussi prendre des notes des questions ou remarques pour t’aider après ta soutenance.

Nº 92 : Sois confiant et assuré – Tu dois être un expert mondial dans ton domaine. Tu devrais montrer de l’assurance, une autorité appropriée par rapport à ton sujet.

Nº 93 : Défends ta thèse, mais ne sois pas sur la défensive – Toutes les recherches ont des défauts. Les examinateurs chercheront la moindre faiblesse dans ton sujet. S’ils en trouvent, prends-en note et accepte-les. Les limitations de ton sujet et tes futures recherches seront tes plus grandes faiblesses.

Nº 94 : Attends-toi à ce que l’on te demande de faire des changements dans ta thèse – Les bons universitaires voient toujours des opportunités pour s’améliorer. Se faire demander d’effectuer quelques changements/modifications dans ta thèse fait partie de la recherche. Cela t’aidera à te faire publier. Quand j’entends qu’une thèse est passée sans demande de modification, je me demande toujours si l’examinateur était simplement fainéant. Une thèse acceptée sans correction ne veut pas forcément dire que la thèse est bonne.

PUBLIER SA RECHERCHE DOCTORALE 

Nº 95 : Publie ta recherche doctorale – L’ultime épreuve pour une thèse est de générer des publications. Une thèse doctorale doit pouvoir générer trois articles dans des revues internationales reconnues. Ton superviseur pourra t’aider à publier. Voir la règle nº 22 « Choisis un superviseur actif dans la recherche ».

Nº 96 : Joue à « serpents et échelles » – Une fois que tu auras complété ton doctorat, tu auras le sentiment d’avoir gravi une échelle, à l’image du jeu « serpents et échelles ». Néanmoins, quand tu essayeras de publier ta thèse, tu auras l’impression de descendre d’un étage et de tomber sur un serpent. La période postdoctorat est aussi un moment d’apprentissage : apprendre à comment se faire publier.

Nº 97 : Sois coauteur avec ton superviseur – Idéalement, tu pourras coécrire avec ton superviseur, surtout s’il a une grande expérience dans la publication. Cela représente une occasion d’apprendre comment publier.

Nº 98 : Assure-toi que ton superviseur n’est pas un « byline bandit » – L’expression de Brabazon (2013) « byline bandit » résume parfaitement l’attitude de certains superviseurs « prédateurs » qui pourraient tenter de se réapproprier ton travail. Si c’est un travail commun où il y a vos deux noms, assure-toi que la contribution de ton superviseur est égale à la tienne. Voir règle nº 28 « Renseigne-toi sur ton superviseur ».

Nº 99 : Fais en sorte que ton article ne ressemble pas à une thèse doctorale – Les reviewers remarquent facilement si un article est tiré d’une thèse. Assure-toi que ton article n’y ressemble pas. Une longue liste de références est un exemple.

POUR CONCLURE

Nº 100 :  Apprécie tes études doctorales – Ces 100 règles pour réussir son doctorat commencent et se terminent avec la même règle. C’est la plus importante !

Voilà, j’espère que ces 100 règles t’aideront !

Si tu as d’autres règles en tête, n’hésites pas à les mettre en commentaires et si tu veux recevoir mes prochains articles, c’est par ici ! 

 Sources

Niamh Brennan (2019), “100 PhD rules of the game to successfully complete a doctoral dissertation”

Brennan, N. (1998), Accounting Research: A Practical Guide, Oak Tree Press, Dublin

Cochrane, J.H. (2005), Writing Tips for PhD Students, University of Chicago, Chicago, IL

Brabazon, T. (2013), “10 truths a PhD supervisor will never tell you”, Times Higher Education

3 comments

  1. Très intéressant comme article 🙂

    Tu ne veux pas faire le même genre d’article sur le postdoc ahah?
    J’y suis depuis un an et ayant eu une thèse un peu compliqué (un directeur de recherche ne me laissant AUCUNE liberté de prise de décision ou de proposition..) la marche est un peu haute pour le postdoc !! Pas facile de se créer son projet de recherche et surtout d’avoir confiance en ses idées quand on a toujours été confronté à un mur !!

    1. Salut Amandine,

      Je suis justement en train de faire des recherches pour un article sur le postdoc !! (J’en commence un bientôt aussi…)

      Bon courage pour ce postdoc, j’espère que tu y trouveras plus de libertés que pendant ton doc !

      Florian

      1. Ah Super 🙂
        Et oui je l’ai trouvé la liberté en Postdoc ça fait du bien !!
        Hâte d’avoir ton retour sur le postdoc (même si il doit y avoir des différences suivant les domaines et aussi les thématiques de recherche).

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