Doctorat : Les 4 raisons pour lesquelles vous procrastinez (et comment y remédier…)

Pendant le doctorat, vous pouvez parfois passer des jours, voire des semaines à ne pas avancer sur votre travail. Vous avez alors le sentiment d’être bloqués et de ne pas trop savoir comment prendre les choses pour sortir de cette période improductive. 

Durant cette période, vous vous levez tous les matins, motives à avancer, mais vous vous retrouvez une heure plus tard devant votre ordinateur à passer de Facebook à YouTube ou encore et vous procrastinez complètement sur votre travail de thèse.

Il y a deux semaines, j’ai publié un article sur le Deep work. pour moi le Deep work est quelque chose de très important, mais pour vraiment faire du Deep Work, il faut d’abord faire du “Work” et lorsque vous procrastinez, c’est pas vraiment ça…

Dans l’article de cette semaine, j’aimerais discuter avec vous des 4 grandes raisons pour lesquelles vous procrastinez et vous donnez un mélange d’expérience et de petits conseils pour sortir de ces périodes de procrastination.

1) Vous ne savez pas par où commencer

Lorsque l’on comment le doctorat, on se retrouve souvent face à un océan de connaissances à assimiler, de papiers à lire et de compétences à acquérir.

Face à tout cela, vous pouvez vous sentir perdus et ne pas savoir par où commencer. Vous passez alors vos semaines à lire des choses à tourner en rond sur votre sujet en essayant de savoir si tel ou tel logiciel serait le plus approprié ou encore si telle ou telle méthode d’expérimentations serait à privilégier. Vous pouvez avoir l’impression qu’il y a un énorme enjeu derrière chaque décision et tout cela vous paralyse. 

Certaines fois ce sont les avis divergents de vos directeurs de recherche qui peuvent vous perdre. Pour peu que vous fassiez une thèse multidisciplinaire, vous vous retrouvez entourés de personnes qui ne parlent pas forcément la même langue et vous ne savez pas trop quelle direction prendre.

Pour faire face à cette situation, je pense qu’il est nécessaire pour vous d’avoir une discussion franche avec vos directeurs et de prendre une décision claire sur la direction que vous souhaitez prendre. Vous pouvez alors vous dire que vous allez suivre cette idée durant 2/3 semaines pour voir ce qu’il en ressort et qu’ensuite vous apprendrez de ces quelques semaines pour repartir dans une autre direction si besoin. 

Vous êtes au doctorat, vous faites donc de la recherche (oui oui !). Il est donc normal de se sentir perdu et pas trop sûr d’où aller. Face à cela, la meilleure méthode est de choisir quelque chose, d’y aller à fond et de voir ce qui se passe. Ça vous libérera l’esprit et vous permettra d’avoir une base de travail sur laquelle avancer !

2) Vous avez peur d’échouer

Je pense la peur de l’échec est vraiment l’élément qui paralyse le plus durant le doctorat. Il y a quelques semaines, j’avais parlé du syndrôme de l’imposteur et je pense que c’est de ça que vient cette peur de l’échec.

Par exemple, je sais que j’ai énormément procrastiné la rédaction de ma thèse, car j’avais peur que l’on me dise que mon travail n’était pas assez bon et que l’on ne me donne pas mon doctorat (fait qui semblait tout à fait impossible pour mes directeurs, mais tout à fait plausible pour moi…).

De manière générale, le doctorat un moment durant lequel vous allez devoir développer de nouvelles compétences, aussi bien en termes de rédaction que de présentation orale ou même de savoir utiliser différents logiciels pour analyser des données par exemple.

Pendant cette période, vous pouvez parfois avoir l’impression que vous n’êtes pas assez bien, que vous n’allez pas terminer tous les travaux qui vous sont demandés.

Pour faire face à cette peur, je pense qu’il faut d’abord prendre du recul et comprendre ce qu’est un doctorat. Au doctorat, vous entrez dans un nouveau monde, celui de la recherche.

Dans ce monde, il y a des codes à assimiler, des façons de travailler et des attentes qui sont vraiment différents des études universitaires précédentes.

Face à tout cela, votre objectif n’est pas de tout faire parfaitement, mais d’apprendre, de progresser, et votre diplôme de docteur n’est là que pour reconnaitre le fait que vous avez acquis toutes ces compétences requises. 

Si vous comprenez ça, vous comprenez alors que l’objectif n’est pas de vous comparer aux autres chercheurs, mais de vous comparer à votre vous d’il y a un mois, six mois, un an et de vous voir progresser vers les compétences de chercheur. 

À partir de cela, l’échec n’est plus une preuve de votre incompétence en tant que personne, mais une donnée de feedback qui permet de vous juger, de voir si vous avez progressé ou non dans ce domaine de la recherche.

Alors oui, la première version de votre papier ne sera pas parfaite et ne surement pas celle que vous enverrez au journal, mais au moins c’est une base de travail sur laquelle vous pouvez discuter avec vos directeurs et sur laquelle vous pouvez améliorer des choses.

Cette manière de pensée est proche du “Growth Mindset”, une idée développée dans le livre Mindset de Carol Dweck (mes notes de lecture ici). Dans ce livre, on comprend que pour (quasiment) toutes les choses de votre vie, vous pouvez vous améliorer. Alors oui, il y a des gens meilleurs que vous dans un domaine, mais si vous travaillez et mettez de l’intention dans ce même domaine, vous allez être capable de rattraper ce niveau voire de les surpasser.

Cette peur de l’échec et quelque chose que j’avais beaucoup lorsque je devais préparer des présentations orales durant mon doctorat. Que ce soit pour l’université ou pour une conférence. J  repoussais toujours le moment de préparer mes slides et me retrouvais alors à les faire le matin même ou la nuit d’avant jusqu’à 4h du matin…

Le problème de procrastiner ces présentations était que, le jour J, je ne prenais aucun plaisir à présenter, je me sentais mal à l’aise devant le public et cela créait un cercle vicieux qui ne faisait que valider mon statut de mauvais orateur. 

J’ai découvert récemment que cette tendance à entretenir des mauvais comportements avait un nom : Learned helplessness, une théorie selon laquelle on s’habitue aux champs de notre vie dans lesquels on n’est pas bon et on se dit qu’on ne pourra jamais être bon dans ses compétences, quoi qu’on fasse.

Le fait de prendre les échecs comme des retours sur notre progression permet de renverser totalement ce learned helplessness et je pense que cela pourra vraiment vous aider pour tous les champs de votre vie !

 “Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better.” (Samuel Beckett)

3) Vous avez l’impression de ne pas avancer

Une autre raison pour laquelle vous pouvez avoir tendance à procrastiner pendant votre doctorat peut être le fait que vous avez l’impression de ne pas avancer. 

Ce sentiment peut apparaitre par exemple quand vous venez de passer un mois à faire le tour de la littérature d’un sujet et que vous ne voyez pas le bout de tous les papiers qu’il vous reste à lire ou encore lorsque vous venez de faire une nième expérimentation et que vous n’avez toujours pas de résultats satisfaisants…

Une manière de dealer avec cette impression de ne pas avancer et tout d’abord d’en être conscient, d’être conscient que certaines choses peuvent prendre du temps dans la vie d’un chercheur, que tout ne va pas marcher du premier coup et que c’est normal.

Ensuite, vous pouvez essayer de vous changer les idées. Si vous venez de passer passer un mois à lire, prenez le temps d’écrire, changez-vous les idées en commençant un petit résumé des concepts clés de votre recherche ou en essayant de réfléchir à quelques hypothèses de recherche qui pourraient être intéressantes pour la suite.

Une autre solution pour éviter de procrastiner lorsque vous avez l’impression de ne pas avancer, prenez le temps de célébrer les petites victoires de votre thèse. Votre premier papier vient d’être accepté ? Prenez votre après-midi et invitez vos collègues à prendre un verre ! (c’est dans ces moments-là que la vie de chercheur prend tout son sens !)

Le fait de célébrer toutes vos petites victoires vous permettra de relativiser vos moments de doute et de stagnation et vous pourrez alors vous dire que c’est passage et que si vous restez constants et concentrés dans votre travail, d’autres petites victoires (et d’autres raisons de prendre votre jeudi après-midi) arriveront !

4) Vous n’aimez pas ce que vous devez faire

La dernière raison pour laquelle vous procrastinez est tout simplement le fait que vous n’aimez pas ce que vous devez faire… 

Un dossier de subvention, une demande d’approbation d’expérimentation par un comité d’éthique, ça donne envie hein !?

Fasse à ces taches qui ne donnent vraiment pas envie (en tout cas à la plupart d’entre nous), vous pouvez avoir tendance à procrastiner, à repousser le travail à plus tard et à y préférer un café/discussion avec vos collègues…

Une première façon de régler ce problème serait de vous débarrassez de cette tâche, envoyer un mail à vos directeurs pour leurs dire de s’en occuper, je n’ai jamais essayé, mais sur le papier ça à l’air pas mal comme solution…

Si cette première proposition quelque peu ambitieuse ne fonctionne pas, j’ai quelques propositions pour vous.

D’abord, essayez juste de commencer. On a parfois l’impression que quelque chose est très compliqué et va prendre beaucoup de temps et une fois que l’on commence à travailler dessus, on se rend compte que ce n’est pas si complexe et que c’est même intéressant.

Pour cela, forcez-vous à commencer, mettez un timer de 15 minutes et forcez-vous à ne rien faire d’autre que cette tâche pendant les 15 prochaines minutes. Au pire, vous aurez travaillé dessus 15 minutes (ce qui est un début !) et au mieux vous aller prendre goût à avancer sur cette tâche et vous allez continuer à travailler dessus au-delà des 15 minutes. 

Si vous n’arrivez pas à faire plus de 15 minutes dessus, essayez alors de vous obliger à travailler dessus 15 minutes par jour, vous prendrez alors un rythme de travail et à la fin d’une ou deux semaines, vous allez avoir fini votre travail sans trop vous en rendre compte. La découpe de grosses taches en toutes petites taches est toujours une bonne idée ! (comme écrit dans mon guide de productivité !)

Une autre manière de dealer avec les tâches que vous ne voulez pas faire est d’essayer de créer une atmosphère positive autour de cette tâche. Par exemple, lorsque j’en avais marre de lire des papiers à mon bureau, je les téléchargeais et allais les lire dans un parc. Ça me permettait de prendre le soleil tout en avançant sur ma recherche.

Dans le cas d’une demande de subvention, vous pouvez peut-être essayer de subvention, vous pouvez peut-être trouver une heure avec vos directeurs pour les emmener prendre un café et réfléchir ensemble à ce que vous devriez mettre dedans. Cela vous permettra de passer un bon moment tout en vous aidant dans votre travail !

Conclusion

Voilà, j’espère que ces quelques conseils vous aideront à sortir de vos périodes de procrastination. Je pense vraiment que le fait de comprendre pourquoi vous procrastinez peut vraiment vous aider à prendre du recul dessus et à vous remettre sur de bons rails pour vos travaux de thèse !

Si vous avez des remarques, n’hésitez pas à les mettre en commentaire ou à me les envoyer par mail à reussirmondoctorat@gmail.com !

Bonne semaine à tous,

Florian

2 comments

  1. Hello,
    J’ai découvert ce blog il y a quelques jours donc première chose : BRAVO et MERCI de nous faire partager tes expériences !

    J’aime beaucoup ton deuxième point, sur la peur d’échouer. Depuis que je me dis que je suis en doctorat pour apprendre et acquérir des compétences, et que j’arrête de me focaliser sur “avance dans ton sujet, aller!” je vis ma thèse beaucoup mieux et je panique beaucoup moins. J’ai toujours la même impression de ne pas avancer sur mon sujet, mais j’ai réalisé que c’était pas si grave par rapport à mes objectifs perso, puisque j’apprends des choses quand même, même si j’apprends rien aux autres.

    Envoyer un mail aux directeurs pour leur dire de s’occuper d’une tâche qui ne me donne pas envie… j’ai du mal avec ce concept parce que (i) dit comme ça, ça ressemble à une solution de facilité qui ne nous fait pas progresser, (ii) c’est admettre que je suis incompétente pour une tâche, et même si c’est le cas c’est toujours difficile à admettre, et enfin (iii) c’est rajouter du boulot à mon DT qui n’a rien demandé et qui est déjà débordé. J’admets cependant que dans certaines situations, se débarrasser d’une tâche est nécessaire. Je dirai qu’il faut prendre ce conseil avec précaution : ne pas re-diriger une tâche vers quelqu’un d’autre dès qu’elle ne nous plaît pas trop, mais bien se poser des questions de type “Est-ce vraiment essentiel que ce soit moi qui le fasse”, “Telle personne est-elle plus compétente ou a t-elle plus de temps pour faire cette tâche?”, “Ais-je besoin d’acquérir ce savoir?”…

    Merci encore pour ce post, je risque de m’y reporter régulièrement dès que je me sens procrastiner et qu’il faudra remédier à ça! =)

    1. Salut Ellawin et merci beaucoup pour ton soutien !

      Pour ce qui est d’envoyer un mail aux directeurs, c’était bien sûr ironique, tu peux toujours essayer mais je n’y crois pas trop…

      Dans tous les cas, je suis content de voir que cet article t’a plu et a pu t’aider un peu !

      Bon courage pour la suite de ta thèse,

      Florian

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